La Ciotat, un bateau dans la tête

02.10.2015

 

Aujourd'hui, je ressors de mes tiroirs et dépoussière une de mes vieilles chansons. L'envie de lui faire un petit lifting, de la réarranger, de la bichonner. Elle s'appelle Le plus beau métier du monde et je l'avais écrite après avoir passé trois semaines à La Ciotat à travailler sur un documentaire retraçant l'histoire de ses chantiers navals.

 

En effet, on m'avait proposé de faire la régie du tournage. L'intérêt pour cette nouvelle expérience et le sujet traité m'avait fait accepté sans aucune hésitation ce boulot.

 

Le film est sorti en 2010 et s'appelle "La Ciotat, un bateau dans la tête". Il raconte donc l'histoire de la fermeture des chantiers qui ont rythmé la ville durant des siècles. A l'heure d'un nombre incalculable de fermetures d'usines, c'est un sujet d'actualité, brulant, passionnant et émouvant.

 

« Ces chantiers ont été pendant des siècles le fleuron de l’activité navale lourde sur les côtes françaises de la Méditerranée. Ils ont fait la prospérité de leur ville. Ils étaient le coeur économique, le poumon et le sang de La Ciotat. À la fin des années 80, le gouvernement annonce l’inacceptable : la fermeture du chantier. La Ciotat devient alors, pour de longues années, la scène d’un des plus grands mouvements ouvriers de l’histoire sociale en France : 10 années de lutte et d’occupation, pour que la ville garde son âme et ses bateaux. »

 

Comme à mon habitude, toute expérience est un bon terreau pour une nouvelle chanson. Alors m'inspirant de ces hommes et femmes croisés aux abords et au coeur des chantiers, des échanges avec eux, j'avais écrit cette chanson. En quelque sorte, mon polaroïd de mes 3 semaines immergées à La Ciotat.

 

Le plus beau métier du monde

 

Le plus beau métier du monde,

C'est de construire des bateaux

Qui vont au bout du monde,

Chargés de vingt mille tonneaux.

 

Le plus beau métier du monde,

On le vit sous deux portiques.

Dans la lutte qui gronde,

Lutte sociale et politique.

Des rolls-roys des mers

Brûlant les vagues en deux,

Navires dont on est fiers,

Les larmes aux coins des yeux.

 

Là-bas, je les ai vus.

Une vie à travailler

Mais ils n'y bossent plus.

De loin, ils m'ont fait visiter.

Ils ont stoppé les grues,

Fermé les ateliers,

Laissant à même la rue

Des familles d'ouvriers.

 

Laissons faire les vents,

On a beau dos d'y croire, tu vois.

Qu'importe les courants,

Le capital est roi.

 

Je ne peux que vivement vous conseiller de voir ce film de Richard Hamon, produit par Tita Productions.

 

Voici la bande-annonce :

 

 

 

 

 

 

 

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